On ne va pas se mentir : le football amateur, c’est parfois un joyeux bazar. Entre les chaussettes oubliées dans les vestiaires, le traçage du terrain au petit matin dans le brouillard et l’organisation des covoiturages pour un match à l’autre bout du département, on en oublierait presque pourquoi on fait tout ça.
À l’Étoile Sportive de Dol (E.S. Dol), on ne vise pas la Ligue des Champions (enfin, pas cette année). Mais on cultive quelque chose qui, à mes yeux, vaut bien plus qu’une coupe en métal argenté stockée dans une vitrine poussiéreuse. On parle ici de l’ADN du club. Ce n’est pas juste un slogan qu’on imprime sur les maillots d’échauffement pour faire joli.
Ici, quand on parle de projet associatif, de respect ou de fair-play, on parle de la vraie vie. Celle où il pleut, celle où on perd, et celle où on construit des gamins solides.
Au-delà du terrain : Le cœur du projet associatif
C’est quoi un « projet associatif » ? Ça sonne très administratif, un peu comme un document qu’on remplit pour la mairie afin d’obtenir une subvention. Mais en réalité, c’est la colonne vertébrale de l’E.S. Dol. C’est ce qui fait qu’on n’est pas juste une « entreprise » qui vend des licences de foot.
Notre structure administrative et nos bénévoles ne travaillent pas pour le profit, mais pour le lien social. J’ai vu des gamins des catégories U6, hauts comme trois pommes, apprendre la vie en groupe ici. Pour certains, c’est la première fois qu’ils doivent écouter quelqu’un d’autre que leurs parents ou leur maître d’école.
Le projet, c’est d’assurer une continuité. Du petit qui découvre qu’on ne peut pas prendre le ballon à la main (sauf le gardien, et encore, pas tout le temps) jusqu’aux Vétérans qui jouent plus pour la troisième mi-temps que pour le score, tout le monde doit s’y retrouver. C’est un mélange de générations assez incroyable quand on y pense. Vous avez les Seniors qui croisent les débutants le week-end, et cet échange, c’est la base de notre identité locale.
Une école de vie, pas juste une école de foot
J’insiste souvent là-dessus avec les parents : on ne leur apprend pas seulement à faire un plat du pied sécurité. On leur apprend à gérer la frustration. Et Dieu sait que le foot, c’est frustrant.
- Parfois, tu domines tout le match et tu perds 1-0 sur un contre assassin à la 89ème. La façon dont tu réagis à ce moment-là définit qui tu es.
- Il y a l’assiduité. Quand il fait 4 degrés et qu’il bruine, c’est tentant de rester sous la couette. Venir quand même, par respect pour les copains, c’est une leçon qui servira plus tard, au boulot ou ailleurs.
- La gestion de l’échec est centrale. Rater un penalty, ça arrive à Mbappé, ça arrive à nos U13. On apprend à relever la tête, pas à s’effondrer.
Le Respect : Le mot qu’on utilise le plus (mais qu’on applique comment ?)
Tout le monde est « pour » le respect. C’est facile à dire. Mais sur le bord du terrain, le dimanche après-midi, c’est là que ça se gâte parfois. À l’E.S. Dol, on essaye d’être intransigeants là-dessus, et croyez-moi, ce n’est pas toujours simple.
Le respect commence par celui de l’arbitre. C’est souvent un bénévole, parfois un jeune qui débute. Il n’a pas la VAR, il n’a pas six assistants. Il a juste ses yeux et son sifflet. Oui, il va se tromper. C’est une certitude statistique. Hurler depuis la main courante n’a jamais transformé une sortie de but en corner. Jamais. Apprendre à nos joueurs (et parfois, soyons honnêtes, aux parents sur le côté) à accepter la décision, même injuste, c’est la base.
Ensuite, il y a le respect du matériel et des lieux. Le stade, les vestiaires… ce n’est pas un hôtel. Quand une équipe U15 laisse un vestiaire plein de boue et de bouteilles vides, c’est un bénévole de 70 ans qui passe derrière. Ça, chez nous, ça passe mal. On insiste pour que chaque éducateur vérifie l’état des lieux. C’est une question d’éducation basique, mais il faut la répéter. Encore et encore.
Et bien sûr, le respect de l’adversaire. Chambrer, ça fait partie du folklore, ok. Mais humilier, insulter ou jouer « sale », ça n’a pas sa place à Dol. On préfère perdre avec honneur que gagner en étant des voyous.
Le Fair-Play : Plus dur à faire qu’à dire
Le fair-play, c’est un peu comme le régime : tout le monde en parle le lundi, mais le week-end, c’est une autre histoire. C’est facile d’être fair-play quand on mène 4-0. On aide l’adversaire à se relever, on sourit… C’est du gâteau.
Le vrai test, le « crash test » de nos valeurs, c’est quand le match est tendu, qu’il y a de l’enjeu, et que la fatigue s’installe.
Voici ce qu’on attend d’un joueur ou d’une joueuse de l’E.S. Dol :
- Si un adversaire est blessé, on sort le ballon. Pas de calcul, pas de « oui mais c’est une contre-attaque ». On sort la balle. Point.
- À la fin du match, on serre la main. Même à ce défenseur qui vous a tiré le maillot pendant 90 minutes. Même à l’arbitre qui a oublié deux fautes évidentes. C’est ce rituel qui nous sépare de la sauvagerie.
- On reste dignes dans la défaite comme dans la victoire. On a tous vu ces équipes qui gagnent et qui vont narguer le banc adverse. C’est minable. Si on gagne, on fête avec nos potes, pas contre les autres.
La place centrale du bénévolat et des parents
Pour faire tourner une boutique comme l’Etoile Sportive de Dol, avec des effectifs allant des tout-petits aux vétérans, il faut une armée de l’ombre. Souvent, on voit les joueurs, on voit un peu le coach, mais on oublie le reste.
Je ne remercierai jamais assez ceux qui tiennent la buvette, ceux qui lavent les maillots (une tâche ingrate s’il en est, surtout l’hiver), ceux qui gèrent l’administratif complexe des licences. Ce tissu associatif, c’est le ciment du club.
Le rôle des parents est aussi crucial ici. On a besoin d’eux non pas comme « coachs bis » qui crient des consignes contradictoires depuis la touche (« Monte ! », « Non descends ! », « Tire ! »), mais comme accompagnateurs bienveillants. Transporter les enfants pour les matchs à l’extérieur, c’est vital. Encourager sans agressivité, c’est vital.
Il m’est arrivé de voir des parents plus stressés que leurs enfants avant un match de U11. Détendez-vous ! Ils sont là pour jouer, pour apprendre. S’ils font une erreur, ce n’est pas grave. Laissez-les jouer.
Pourquoi nous rejoindre ?
Si vous cherchez un club où l’humain passe avant la performance à tout prix, vous êtes au bon endroit. Attention, on aime gagner. On est des compétiteurs. Quand l’équipe première entre sur le terrain, elle veut les 3 points. Quand les vétérans jouent, ils ne veulent pas perdre (surtout pour éviter le charriage la semaine suivante).
Mais cette ambition sportive ne doit jamais écraser nos valeurs. Si on doit choisir entre gagner en trichant et perdre en restant droits, le choix est vite fait (même si ça fait mal à l’ego sur le moment, je vous l’accorde).
L’E.S. Dol, c’est une famille. Avec ses qualités, ses défauts, ses moments de grâce et ses coups de gueule. On accueille tout le monde, du débutant absolu au joueur confirmé qui veut retrouver une ambiance saine.
Alors, que vous soyez un parent cherchant une structure sérieuse pour son enfant, un joueur senior cherchant un nouveau défi ou simplement quelqu’un qui veut donner un coup de main le dimanche, la porte est ouverte. On a toujours besoin de quelqu’un pour tracer les lignes ou servir un café chaud à la mi-temps !

