On entend souvent tout et n’importe quoi au bord des mains courantes le dimanche. « Pourquoi il a sorti le numéro 10 ? », « Il devrait jouer plus haut », ou le classique « À mon époque, on ne s’entraînait pas comme ça ». C’est humain. Le foot, c’est ce sport génial où tout le monde a un avis tranché.
Mais derrière la ligne de touche, à l’Étoile Sportive de Dol, ce n’est pas de l’improvisation. Loin de là. Si ce site a servi de hub pour toute la communauté du club pendant longtemps, c’est aussi parce qu’on a toujours voulu mettre en lumière ceux qui sont là, sous la pluie, dans le vent (et parfois sous le soleil breton, si si, ça arrive), pour encadrer vos gamins.
Parlons franchement de ce que ça veut dire, être éducateur chez nous. On ne parle pas juste de poser des cônes et de jeter un ballon au milieu. Il y a une structure, des diplômes, et une sacrée dose de technique derrière tout ça.
L’éducateur moderne : fini le temps du « sifflet et débrouille-toi »
Il y a vingt ou trente ans, dans le monde amateur, l’entraîneur des jeunes, c’était souvent le papa sympa qui avait une voiture break pour emmener les maillots. C’était super, ça a tenu le foot français à bout de bras. Mais soyons honnêtes, ça a ses limites. Aujourd’hui, on ne peut plus fonctionner uniquement comme ça, surtout avec un club comme l’ES Dol qui brasse du monde, des U6 jusqu’aux Vétérans.
L’encadrement technique, c’est devenu une affaire de formation continue. La FFF (Fédération Française de Football) a mis en place un cursus qui peut paraître un peu barbare avec tous ses acronymes, mais qui est essentiel pour la sécurité et la progression des joueurs.
Voici à quoi ça ressemble concrètement sur le terrain quand on regarde nos staffs :
- Il y a d’abord les bénévoles en cours de formation. Souvent des jeunes du club ou des parents motivés qui se lancent dans les modules initiaux. Ils apprennent les bases : comment on gère un groupe de 15 gamins excités sans que ça tourne à la foire d’empoigne.
- Ensuite, vous avez les titulaires des CFF (Certificats Fédéraux de Football). C’est le cœur du réacteur. Un éducateur CFF1, il sait exactement quoi faire avec les tout-petits (U7-U11). Il ne va pas leur demander de faire des transversales de 40 mètres, il sait que l’enfant à cet âge-là est centré sur le ballon et lui-même. C’est pédagogique avant d’être tactique.
- Pour les plus grands, on tape dans le CFF2 et CFF3. Là, on commence à parler football à 11, tactique, préparation athlétique adaptée à la croissance. On ne gère pas un ado de 14 ans en pleine poussée de croissance comme on gère un Senior. Si l’éducateur ne sait pas ça, on court à la catastrophe (blessure ou dégoût du sport).
- Et puis, il y a le BMF (Brevet de Moniteur de Football) et au-delà. Ce sont souvent les responsables techniques du club. Des gens dont c’est parfois le métier ou l’activité principale. Ils garantissent que la « mayonnaise prend » entre toutes les catégories.
Pourquoi on vous embête avec ces diplômes ?
C’est une question légitime. Après tout, Platini n’avait pas de diplôme quand il a commencé à jouer, non ? Sauf que nous, on ne forme pas forcément le prochain Ballon d’Or (même si on l’espère), on forme des citoyens et des sportifs.
Avoir des éducateurs diplômés à Dol, ça change tout sur la qualité de la séance du mercredi après-midi. Un éducateur formé prépare sa séance. Il a une fiche. Il a un objectif. Il ne vient pas en se disant « Tiens, on va faire un match pendant 1h30 ». Il sait que s’il a des U13, il doit travailler la motricité, la prise d’information.
J’ai vu la différence sur le terrain au fil des saisons. Quand un coach applique les méthodes fédérales, bizarrement, le jeu s’éclaire le week-end. Les gamins sont mieux placés, ils râlent moins après l’arbitre (ça fait partie de la formation aussi !), et surtout, ils se blessent moins.
La structure technique à l’ES Dol
Un club, c’est une pyramide. Si la base n’est pas solide, le sommet se casse la figure. Chez nous, l’organigramme technique est pensé pour qu’il y ait une cohérence. On ne veut pas que le gamin apprenne à jouer en défense de zone en U11 pour qu’on lui dise de tout oublier en U13.
L’École de Foot (U6 à U11) : Le laboratoire
C’est ici que tout commence. C’est souvent le plus gros casse-tête logistique. Imaginez 50 ou 60 gamins sur un demi-terrain. Ici, le diplôme de l’éducateur sert surtout à la psychologie et à l’organisation spatiale.
Le mot d’ordre c’est le jeu. Pas l’enjeu. Nos responsables de l’école de foot veillent au grain pour que les plateaux du samedi restent des fêtes. On a besoin d’encadrants qui ont cette patience infinie. Souvent, nos éducateurs diplômés sur ces catégories sont épaulés par des « accompagnateurs ». C’est un binôme vital. L’éducateur gère la séance, l’accompagnateur gère les lacets défaits et les petits bobos.
La Préformation (U13 à U15) : Le virage critique
C’est là que ça se corse et que le niveau technique de l’encadrement doit monter d’un cran. Le passage du foot à 8 au foot à 11 est violent pour certains enfants. Le terrain devient immense, les espaces se ferment plus vite.
Nos éducateurs sur ces catégories ont souvent des profils plus « techniciens ». Ils doivent inculquer une culture tactique. À l’ES Dol, on essaie de garder une identité de jeu. On aime avoir le ballon, construire. C’est plus dur à enseigner que de dire « balance devant et cours », c’est sûr. Ça demande des mois de répétition. C’est là que la patience de l’éducateur formé fait la différence. Il sait que le résultat ne se voit pas en deux semaines.
Le pôle Compétition et Seniors
Arrivé en U17 et Seniors, on entre dans la gestion de groupe pure et dure. Les diplômes ici (souvent les niveaux BMF ou BEF pour les équipes régionales) touchent beaucoup au management humain et à la préparation physique.
Gérer des adultes ou des jeunes adultes qui ont une vie à côté, du travail, des études, des copines, c’est un autre métier. L’aspect technique est acquis (normalement), c’est l’animation du système de jeu et la gestion des égos qui priment. L’entraîneur principal des Seniors donne souvent le la pour tout le club. Son attitude rejaillit sur les jeunes qui viennent voir les matchs le dimanche.
Les bénévoles : l’huile dans le moteur
Je ne peux pas écrire cette page sans parler de l’investissement personnel que ça représente. Passer un diplôme, ça ne se fait pas en claquant des doigts.
Quand on dit à un jeune éducateur : « Tu vas passer ton CFF1 », ça veut dire qu’il va passer plusieurs jours en formation au District ou à la Ligue (souvent pendant ses vacances scolaires ou ses congés). Il va devoir rendre un rapport de stage, être observé en situation, se faire corriger. C’est du stress, c’est du temps, c’est de l’énergie.
Et ils le font. Pourquoi ? Pas pour l’argent, croyez-moi. L’indemnité kilomètrique ne paie même pas l’usure des pneus pour aller aux matchs à l’extérieur l’hiver. Ils le font parce qu’ils aiment voir un gamin réussir un contrôle orienté qu’ils ont travaillé pendant trois semaines à l’entraînement.
C’est ça, la réalité de l’encadrement technique à Dol. C’est un mélange fragile entre le professionnalisme des méthodes et le bénévolat des hommes.
Comment nous rejoindre ?
On a toujours besoin de monde. C’est une vérité universelle dans le foot amateur. Mais attention, on ne vous lâchera pas dans la nature.
Si l’aventure vous tente, si vous avez envie de passer de l’autre côté de la barrière :
- Venez discuter avec le Responsable Technique Jeunes un mercredi. Juste pour voir. L’ambiance est souvent bien plus studieuse qu’on ne le croit.
- Le club accompagne financièrement les formations. On considère que c’est un investissement pour nos licenciés. Un éducateur formé, c’est 20 enfants qui progressent mieux. Le calcul est vite fait.
- Pas besoin d’avoir été un crack du ballon rond. Les meilleurs joueurs ne font pas toujours les meilleurs éducateurs. Parfois, celui qui a dû cravacher pour comprendre le jeu l’explique bien mieux que celui pour qui tout était inné.
L’ES Dol n’est pas le Real Madrid, mais on a cette fierté de structurer les choses proprement. Nos diplômes, nos certificats, notre organigramme, ce n’est pas pour faire joli sur le site web ou pour frimer lors des réunions de District. C’est pour que le gamin qui s’inscrit en septembre reparte en juin en ayant appris quelque chose, en s’étant amusé, et en ayant été encadré par des gens qui savent — vraiment — ce qu’ils font.
Alors la prochaine fois que vous croisez un de nos coaches avec son parka trop grand sous la bruine, dites-lui merci. Ou mieux, offrez-lui un café chaud à la buvette, c’est le meilleur diplôme de reconnaissance qui existe.

