Soyons honnêtes cinq minutes. Il arrive un moment dans la vie d’un footballeur où le corps commence à envoyer des signaux de fumée assez clairs. Les lendemains de match du dimanche après-midi avec les Seniors deviennent des lundis (et mardis) de torture, les jeunes de 19 ans qui montent en équipe première courent exaspérément vite, et la perspective de faire un déplacement à l’autre bout de l’Ille-et-Vilaine sous la pluie pour jouer la montée en Régionale semble soudainement moins séduisante que de rester au chaud.
C’est généralement là que ça se joue. Soit on raccroche les crampons et on finit par grossir doucement devant Téléfoot, soit on prend la décision la plus sage de sa carrière sportive : on signe chez les Vétérans à l’E.S. Dol.
Ici, à Dol-de-Bretagne, la section Vétérans et Loisirs n’est pas un cimetière d’éléphants. C’est le gardien de l’âme du club. C’est l’endroit où le football redevient ce qu’il était quand on était gamins : un jeu, un ballon, des copains, mais avec un peu plus de sagesse (parfois) et beaucoup plus de convivialité.
L’esprit « Vétéran » : Sérieux sans se prendre au sérieux
Il y a souvent une idée reçue sur le foot vétéran, comme quoi ce serait de la « marche améliorée ». Venez faire un tour à l’entraînement ou un dimanche matin au stade, vous allez voir si on marche. La compétition, elle est toujours là. On a beau avoir passé la trentaine (ou la quarantaine bien tassée pour certains), quand on enfile le maillot de l’Etoile Sportive de Dol, personne n’a envie de perdre.
Mais la mentalité a changé. On ne joue plus pour la carrière ou pour prouver quoi que ce soit au coach de la R1.
- On joue parce que ça fait du bien de transpirer et d’évacuer la semaine de boulot.
- Si un gars rate un contrôle facile, il se fait charrier, pas engueuler. C’est une nuance gigantesque.
- L’objectif n’est plus d’écraser l’adversaire, mais de réussir quelques beaux mouvements collectifs dont on pourra se vanter pendant des heures après le match.
- Le respect de l’arbitre devient (presque) naturel, parce qu’on sait tous que sans lui, on serait juste vingt-deux types en train de courir dans un champ.
Au sein de l’E.S. Dol, cette section a une place à part. Elle regroupe des anciens joueurs de l’équipe première qui ont fait les belles heures de notre histoire, des papas de joueurs U6 ou U10 qui ont décidé de s’y remettre, et des nouveaux arrivants à Dol qui cherchent à s’intégrer socialement. C’est un mélange hétéroclite qui fonctionne étonnamment bien.
Le rituel sacré du dimanche matin
Le football loisir et vétéran, c’est une atmosphère très codée. Pour ceux qui ont l’habitude de jouer le samedi soir ou le dimanche à 15h, le réveil du dimanche matin pique un peu. Mais il y a une certaine poésie à arriver au stade quand la brume bretonne est encore accrochée aux filets.
Le terrain est gras, l’air est frais, et l’odeur du camphre dans le vestiaire est plus forte que celle de la transpiration – il faut bien chauffer les articulations avant de les solliciter. Les matchs se jouent généralement dans un esprit « District » pur jus. C’est rugueux, mais c’est correct.
Ce que j’aime particulièrement le dimanche matin à Dol, c’est cette solidarité tacite :
- Il manque un joueur pour faire le 14ème ? Le coach n’hésite pas à remettre les crampons, même s’il avait juré que c’était fini.
- Les touches se font parfois « à la confiance » (bon, on essaie quand même d’avoir des arbitres de touche pour éviter les drames diplomatiques).
- Si vous regardez le calendrier des matchs, vous verrez qu’on affronte souvent nos voisins proches. Les derbys contre les communes environnantes du Pays de Dol sont savoureux, souvent parce qu’on connaît la moitié de l’équipe adverse.
Foot Loisir vs Football Vétéran : Quelle différence ?
On nous pose souvent la question au moment des inscriptions. En gros, c’est une question d’engagement et de genoux.
L’équipe Vétérans (Championnat)
Là, on est inscrit dans un championnat officiel du District. Il y a un classement, des feuilles de match, des licences compétition. Il faut avoir plus de 35 ans (en général). On joue pour gagner, on fait des déplacements dans le secteur, et il y a une vraie structure tactique. Enfin, on essaie. Disons qu’on essaie de garder un bloc équipe cohérent jusqu’à la 60ème minute, après c’est souvent le courage qui prend le relais.
La section Loisirs
C’est pour ceux qui ne peuvent pas s’engager tous les dimanches ou qui ne veulent plus du tout de pression. On se retrouve en semaine pour des oppositions internes ou des petits matchs amicaux contre des entreprises ou d’autres clubs sympas du coin. Pas de classement, pas de montée, pas de descente. Juste le plaisir du ballon. C’est l’option idéale si votre planning professionnel est chaotique ou si vos tendons d’Achille vous demandent de lever le pied.
La troisième mi-temps : discipline olympique
On ne va pas se mentir, si la section Vétérans de l’E.S. Dol est si populaire, c’est aussi grâce à ce qui se passe après la douche. C’est un moment institutionnel chez nous.
Le club-house devient le centre du monde. C’est là qu’on refait le match. C’est assez fascinant d’ailleurs de voir comment une action banale se transforme, après deux verres, en une épopée digne de la finale de 98. « Tu as vu cette ouverture en profondeur ? » En réalité, c’était un dégagement raté, mais l’intention y était.
En Bretagne, et à Dol en particulier, la convivialité ne s’invente pas :
- La galette-saucisse n’est pas une option, c’est presque un devoir moral quand on reçoit à domicile.
- C’est le moment où l’on croise les dirigeants et les bénévoles qui préparent le terrain pour les matchs de l’après-midi.
- On y organise aussi nos propres événements : repas de fin d’année, tournois de palets, ou sorties pour aller voir un match du Stade Rennais ensemble.
C’est ce tissu social qui fait que beaucoup de joueurs, même après avoir arrêté de courir, restent au club comme dirigeants. On y tisse des liens plus forts que sur une simple pelouse.
Comment nous rejoindre ? (Et survivre au premier entraînement)
Si vous lisez ceci et que vous avez des fourmis dans les jambes, n’hésitez pas. On entend souvent : « Oh là là, je n’ai plus le niveau, je vais être ridicule ». Oubliez ça. À l’E.S. Dol, on a tous les niveaux.
L’ancien joueur de niveau ligue qui a encore de beaux restes techniques côtoie celui qui a commencé le foot sur le tard. L’important, c’est l’état d’esprit. Si vous êtes capable de courir (un peu), de faire une passe (dans la bonne direction) et surtout de participer à la vie du groupe avec bonne humeur, vous avez votre place.
Pour l’administratif, c’est assez standard. Il faudra passer par la case licence. Attention, pour les vétérans, la visite médicale est un point qu’on ne néglige pas. Le cœur, ça se surveille, surtout quand on reprend après dix ans d’arrêt et qu’on veut sprinter comme Usain Bolt sur le premier ballon.
Vous pouvez consulter les démarches sur notre page dédiée aux inscriptions et licences ou venir nous voir directement au stade un soir d’entraînement. En général, les vétérans s’entraînent une fois par semaine, souvent le vendredi soir ou le mercredi, pour garder le rythme sans se cramer avant le match.
Un dernier mot pour la route
Rejoindre les vétérans de l’E.S. Dol, c’est accepter que le plus beau du football n’est pas forcément à la télé. C’est dans ce tacle glissé sur un terrain humide un dimanche de novembre, dans la main tendue de l’adversaire pour vous relever, et dans l’éclat de rire général quand l’attaquant envoie le ballon sur le parking au lieu du but vide. C’est du foot, du vrai, avec des gens vrais.

